BLACK UNITY TRIO al-fatihah (Salaam Records 2020)
BROM est russe, et ruse, ce disque bleu versaillais n'est pas si bleuet que ça puisque c'est le neuvième album de ce quatuor. Lapshin à la basse, Kurilo batterie, Mikensky à la guitare (+ électronics) et Ponomarev au sax alto. Même si 'Salty peanuts' est de Dizzy GILLESPIE, BROM est pour moi plus proche de ZU que de n'importe quel illustre jazzman.. Fan de noise maigre et rêche, le quatuor alterne les structures en mode sueur de vainqueur. Batterie propre et précise, basse à compression et distorsion, la guitare mélange les pédales et sait aussi se sortir les doigts du f....
Cette folie ! Après le ORCUTT/CORSANO voici le trio KUZU avec DAVE REMPIS au sax (alto/tenor/baritone), TASHI DORJI à la guitare et l'incroyable TYLER DAMON à la batterie. Ca pourrait être du free rock, la guitare pratiquement noise boucle, cinglante crissante la batterie fine et frivole envoie le boulet, front baissé, yeux fermés, dans un tunnel, REMPIS n'a plus qu'à dérouler, ca crie, c'est libre, ca envoie du steack, c'est violent.
Chronologiquement et esthétiquement, c'est vers le superbe double LP (Noir) de chez empty editions (Berlin) que je me dirige. Les webzines attirés par l’expérimentation commencent à découvrir le batteur ELI KESZLER dans son versant électronique. KESZLER collabore autant avec des fameux FreeJazzman (écoutez 'Ithaca' avec Joe-McPhee) que des expérimentateurs sonores volubiles (Oren Ambarchi). Il devient aussi connu par ses installations en musée, il s’intéresse aux nappes qu'il agrémente de ses rythmiques caractéristiques. Ses rythmiques ?
Duo de jeunes, duo punchy, la danoise Mette Ramsussen à l'alto rythme le flux de l'explosif et maître américain de la batterie qu'est Chris CORSANO. Une référence et un gage de qualité ! Le set est intense, enregistré en studio, d'une puissance folle. De ponctuation en alexandrin, le disque part sur les chapeau de roue, CORSANO à l'esprit qui galope... et les poignets en or... Quelle énergie, quelle finesse. RASMUSSEN n'est pas en reste, capable autant de susurrer, de ponctuer que de tout dévaster sur son passage.
Comme à l'accoutumée, le label du CAFE OTO sort sur galette les concerts d'exception qu'il a organisés dans ses propres locaux à Londres. Le 23 septembre 2015, le percussionniste Roger TURNER s'accoquine avec le flutiste YUKIHIRO ISSO. Flute jap hein (noh flute et autres instruments exotiques aux noms des plus destabilisants...), jouée de traviole, entre frissons des grands espaces, perdu dans les hautes Herbes de champs volupteux comme dans les vieux KUROSAWA. Donc le flutiau est soit bestial, soit s'envole comme le moustique ou se cambre comme l'herbe du japon.
EMANEM poursuit sa salve des rééditions, ce 'free for a minute' regroupe 2 albums sortis en 1966, 'disposability' et 'sortie' au line up presque identique : Kent Carter à la basse, Aldo Romano à la batterie avec Enrico RAVA à la trompette en plus sur 'sortie'. Y sont ajoutées des musiques de films et d'autres inédits identifiés sur toute la période indiquée. Référence donc. Comment présenter STEVE LACY ? peut être comme quelqu'un d'un classicisme assumé caché derrière une folie dévergondée.