EMBOE Colita de rana-soundtrack Autoproduit 2009

Echappé de Sons of Frida, groupe parisien indie-shoegaze s’essayant avec succès à l’expérimentation, Emmanuel Bœuf est aussi très actif avec Emboe, son projet solo, à l’occasion duquel il laisse libre cours à ses élans noise ou drone, entre autres, basés bien sur un courant très free et expérimental. Il en propose la déclinaison sur cette bande originale d’un film de Lata Masud, dont le contenu âpre captive au même titre que, par exemple, le dernier Sister Iodine. A ceci près que sur son disque, Emmanuel ménage des instants plus apaisés, presque optimistes dans leurs sonorités (A mi hiro querido) bien que grinçants et inquiétants. Il part cependant d’un morceau saturé en diable, Producite depilate, pour enchaîner avec Mejor morir sabiendo lo que es el amor, plus ambient, offrant ainsi une certaine diversité dans ses essais et permettant à l’auditeur de maintenir son intérêt. On n’est pas éloigné, comme le laisse entendre Chicas en el cementario, des premiers efforts de Sonic Youth, ou des travaux solo de Lee Ranaldo, un climat unique se dégageant des dix titres de cette B.O., loin d’être uniforme que ce soit dans son ensemble ou au sein des morceaux eux-mêmes. En effet ceux-ci, s’ils suivent la même trame sombre, offrent une palette sonore assez étendue et parviennent toujours à surprendre, Emmanuel Bœuf arrivant par ce biais à susciter une réelle attention. La boucle sonore de Si ni sana hoy sanar maniana illustre cela et même minimal, ce morceau, rien que par ce détail et les petites notes aigrelettes qui jalonnent ses dernières secondes, s’avère passionnant. C’est également le cas du titre suivant, A mi hiro querodi (slow version) qui allie sonorités paisibles et fond saturé pour un résultat brillant On appréciera aussi les titres opaques, angoissants à l’extrême, d’Emboe (La madonna del barrio), qui marquent d’ailleurs la fin de ce disque singulier, à l’image de ce Recita su poesia despues del amor doté de sons bien sentis, tout en se plongeant avec plaisir, le plaisir d’une immersion dans un univers incitant très peu à l’optimisme, certes, malgré ses quelques touches d’espoir, mais riche en sons expérimentaux et en sensations fortes, en émotions non-feintes, et, au final plus qu’intéressant. En attendant bien sur une suite aussi cohérente et inspirée, une compilation étant prévue dans ce cadre pour 2010. http://www.myspace.com/emboe



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