USAISAMONSTER, AIDS WOLF, LES ANGLES MORTS Montréal, 18 décembre 2004, 6 dollars

Direction : les usines du coin Casgrain. Ici entreprots en murs de brique, grandes baies vitrées, rectangles rouges posés les uns à côtés des autres. Entrepots, usines de confections, quais de déchargement, rues vides et défoncés. On est en plein dans le centre ville de Montréal. Ici pas de réhabilitation, les usines fonctionnent encore et pas pour longtemps semble-t-il. La plupart des autres usines avec des 3 à 12 étages en centre sud, sur le canal Lachine, dans Parc extension ont été vidées de leurs activités industrielles pour être transformées en condos, en bureaux gouvernementaux, en services sociaux et aussi en salle de spectacles. Oubliez les travailleuses et travailleurs. Fini. Les usines du coin Casgrain ont en plus la particularité d’être une extension du Mile end. Bien placées géographiquement, elles seront demain l’enjeu d’un autre développement En attendant, j’y croyais pas. Les Usaisamonster sont de retour en ville, ici à Montréal, après un concert quasi intimiste à la Casa. Les revoilà. Déjà ! Oui tant mieux. On y fonce. Avec joie. Cette fois, j’ai fait très attention à l’endroit et la place. Un bâtiment industriel dans le quartier Casgrain. Au 12e étage. Non, pas possible ! Ben si. C’est du domaine du possible, du réalisable, du vécu. Allez hop, on y fonce. Petite porte, on traverse le quai et badadoum, un immense monte-charge. Tous dedans pour monter au ciel. Un batteur et un guitariste nous jouent une petite musique d’accompagnement, le temps que le monte charge grimpe. Tchi Tchi glin et coups de xylo. Pas mal. Une pièce pour vous mes gars ! Et nous y voilà, petit local désaffecté, en L inversé, bar derrière des lambris de bois, et baie vitrée avec vue plongeante sur Montréal by night. Au fond en dessous de la baie vitrée, un amas d’instruments, tables, chaises amplis. Pas de scène, pas d’éclairages, bref, tout ce qui d’habitude annonce un très bon concert Premier groupe Aids Wolf de Montréal ouvrent le bal avec une chanteuse que l’on voit émerger du public quand elle saute à pieds joints. Une énergie noise/hardcore. Des cris. Des bruits presque primitifs, tapés, frappés et primitifs. Un bon groupe qui explore de nouveaux territoires. Good. Après, Les angles morts nous fait le coup du Warhol arty show. Ils jouent une bande son sur une projection noir blanc gris Et m’enfin, voilà les Usaisamonster. Petite sono effroyable, les instruments se débranchent, le son passe mal. Mais, « vous m’entendez, vous l’entendez » et c’est parti. Puis d’un coup d’un seul, les voilà qui sortent deux mandolines, et nous jouent des ritournelles folk Ooooooooh i cryyyy. L’organisateur devient blanc, livide, bouche bée et une partie du public s’enfuit. Le temps de deux morceaux, Usaisamonster écroule son concert. Puis reprend la furie, douce, en retrait pour finir sur le très bon morceau No more forever. Pas de rappel. On a des disques à vendre. Hum ? Usaisamonster était sûrement pas en forme, et largement en dessous de la prestation donnée à la Casa (cf chronique du concert). On peut pas être des monstres tous les jours. M’enfin, c’est gentil quand même de venir nous voir pour la noel.



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