'Monochrome II' s'inscrit dans la droite lignée que son "Monochrome" de 2022, Quentin TOLIMIERI poursuit sa quête de la recherche sonore autour du piano solo et de sa résonance particulière. Comme sur 'Monochrome' (I), chaque morceau a une structure et une conception différente de celui qui le précède. On sent ici qu'il tente de développer des nappes de sons autour de l'écho engendré par la frappe de notes à différentes vitesses ou techniques, un peu comme ce que peut faire CHARLEMAGNE PALESTINE quand il fait boucler son carillon de cloches ('monochrome 17c' par exemple).
L'idée, c'est de créer une nappe répétitive, minimaliste, pour ensorceler l'auditeur et l'embarquer ailleurs. Et ça marche, l'exercice est puissant et la concentration est à son maximum. Le jeu de TOLIMIERI est très physique pour le coup. L'absorption est totale.
Des long passages répétitifs totalement obsédants surprennent encore, comme ce 'Monochrome 16a' et ses deux notes aiguës qui résonnent avec cette même 'monochrome 17c' .
D'autres types de techniques donnent lieu à des cartes postales sombres et ténébreuses avec un choix de grand angle laissant apparaitre un large paysage grave et ténébreux ('17b').
Mais j'adore toujours ces cavalcades de notes très caractéristiques de TOLIMIERI, des jets de milliers de frappes de clavier comme des bottes noires qui marchent ensemble et qui se transforment en vol d'oiseaux dans le ciel de printemps. On peut divaguer des heures à l'écouter, tout comme on écoute l'étourneau et son gazouillis caractéristique et inimitable.
'19b' est ainsi totalement caléidoscopique et doit rendre fou le moindre auditeur vierge de toute musique. Complétement dingue. Sur ce 'monochrome II', l'accent est peut être plus conceptuel ? Plus contemporain ? Je ne sais pas, j'aime toujours autant, c'est peut être plus austère ? TOLIMIERI aime aussi ralentir le temps et évoquer sa mélancolie en nous offrant quelques arpèges mélodiques très touchants comme sur 'monochrome 18b' qui vise juste et pile dans le cœur... Ou encore dans ce dernier morceau, le seule nommé 'Monochrome 21 “Over the Hills and Far Away” dans lequel le silence envahi tout, plus aucune note obsédante, seul le silence retentit habillé d'un triste accord, sans le rythme fou de la vie en ne laissant apparaitre que le souvenir mélancolique de ce que l'on a vécu.
Pour information, cette nouvelle salve de morceaux de Quentin TOLIMIERI a été conçue entre 2023 et 2025. Merci à lui.
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Monochromes II (2023-2025)
All compositions and piano by Quentin Tolimieri (ASCAP)
Tracks 1, 2, 8: recorded at Forsthaus in Grünow, Germany on August 5, 2025
Tracks 3, 4, 5, 6, 7, 9, 10, 11, 12: recorded by Volker Greve at the KulturKirche Nikodemus in Berlin, Germany on November 22, 2025
mixed by Volker Greve at GREVE STUDIO in Berlin, Germany
mastered by Taku Unami
cover photography by Quentin Tolimieri
design by Yuko Zama
produced by Quentin Tolimieri
p+c 2026 elsewhere music