WHITE MICE BOLZ’N mercredi 23 mai 2007, 10 euros Les Instants Chavirés, Montreuil

Découvert sur ce site via la chronique de Fab Tigan en 2005, j’ai suivi les White Mice à la trace espérant les voir « un de ces quatre » en concert histoire de vérifier l’ « expérience musicale » des disques…en live !? C’est en calant une petite semaine de vacances à Paris (merci à G. et A.) pour voir le retour de Shellac, que je découvre la venue des souris mutantes dans la capitale pour une date unique en France !! Les deux albums sur Load Records m’ayant particulièrement atomisé le cerveau je ne pouvais pas les rater. Bye bye la Bretagne, bonjour Paris, bonjour Montreuil et ma « première » aux Instants Chavirés, haut lieu des musiques indociles, free, impro, expé etc… Il fait beau en cette fin de mois de mai et tout le monde en profite pour trainer devant la salle histoire de s’oxygéner avant …d’étouffer ??? Au vu de la maigre audience de ce soir on est pourtant pas près de suer à grosse goûte !! A peine une trentaine de personnes pour un pareil groupe, dans une ville de plusieurs millions d’habitants ??....Etrange constat mais pourtant bien réel Assez large, plutôt haut de plafond, bizarrement gaulé (un poteau planté presque au milieu du pit), d’une jauge d’au moins 200 personnes, la salle des Instants Chavirés semble être parée pour livrer de bons concerts même si le positionnement de la console de mixage façade/retour sur la côté de la scène me laisse perplexe au vu des nombreux déplacements que devra opérer l’ingé son entre sa console et le milieu de salle où se trouve public durant toute la soirée??? C’est un détail à première vue mais à l’écoute du son dégueulasse de Bolz’n une grosse moitié de leur set… Bolz’n sont allemands. Ils jouent une sorte de grind new school « screamoysant » avec quelques élans déstructurés pas dégeu. J’ai écouté deux trois morceaux sur le net avant de me rendre à ce concert et j’ai été surpris par la riche palette musicale explorée en quelques minutes, voir en quelques secondes par le quatuor. Mais ma vraie surprise fut l’arrivée au chant d’une jeune femme (qui va sacrément assurer dans un genre guttural et crié) au look me rappelant des personnes que je peux croiser dans les soirées électro breakcore. Pour le reste du combo ce sont des garçons qui sont aux postes batterie, basse et guitare/lap-top. En début de set leur musique peine à prendre forme tant le son façade est brouillon et mal mixé ! Il faudra attendre les quinze dernières minutes d’un concert joué à cent à l’heure pour apprécier à sa juste valeur le grindcore de Bolz’n qui ne fait pas dans la demi mesure même si son côté froid peut laisser à distance dans un premier temps. Les ambiances travaillées à coup de samples néo indus électro, en intro ou outro des chansons, renforcent le côté sombre et tendu de la musique. Le bassiste rentre rapidement dans un forme de transe (drogues ?), la bave aux lèvres (drogues ?) et se laisse porté par cette prestation violente malgré le friable impact sonore. Jolie découverte. A suivre. Je sors prendre l’air car White Mice va rapidement enchaîner sitôt leur line check bouclé. J’espère sincèrement que le son sera plus réussi pour les gars de Providence?? White Mice est déjà sur scène quand je retourne dans la salle. Le trio joue les premières notes de «blassstphlegmeice », morceau qui ouvre leur deuxième opus fraîchement sorti ! Le son est monstrueux et me pousse à mettre des boules quiès (c’est suffisamment rare pour que je le souligne). Les basses sont profondes, pénétrantes, cradingues au possible et font leurs effets. Le gazier aux oscillateurs, pédales d’effets, ne fait pas semblant et balance des nappes de bruits et autres fréquences que dégueule un gros Ampeg. Orgiaque. Là-dessus la batterie bourrine appuyant de la plus belle des manières chaque vague sludge/no wave jouée par ses collègues. La guitare basse amène l’aspect « mélodique » du bordel, on va dire, pour un rendu Melvinsien au possible…mais un Melvins véritablement malsain et complètement dégénéré! Ne me demandez pas pourquoi j’ai pensé aux Melvins j’en ai aucune idée ???... Totale claque dans la face et cela dès les premières minutes du concert. Dès que le combo commence à muscler le rythme, le côté noise punk des morceaux remonte à la surface pour donner une alchimie sonore d’une rare violence. Lourd mais véloce White Mice fait le show portant des masques de souris qu’on pourrait croire sortis tout droit des poubelles de Tchernobyl. Masques soulignant les très saillantes blouses blanches maculées de sang. Le public n’en revient pas et semble à bloc malgré la petite audience, ambiance. Mais aidé par la prestation ultra vénère des White Mice les corps se lâchent et rentrent eux aussi dans la danse. Dans une certaine mesure la prestation me rappelle l’intensité et l’atmosphère du concert de Lightning Bolt au Point Ephémère en 2004…la folie collective en moins ?? Malheureusement pour nous spectateurs, le batteur a des problèmes avec son instrument. Il s’arrête une première fois puis répare. Mais la pédale de grosse caisse lâche définitivement et du coup White Mice, frustré, doit stopper le concert plus tôt que prévu…au bout d’un set d’une petite trentaine de minutes…assez terrible !! Une vingtaine de personnes ne s’y trompe et se presse au stand pour récupérer du merch’. Soufflé et limite hébété je m’enfile quelques bières en bonne compagnie, histoire de me remettre du meilleur concert de 2007 jusque là. Et ce n’est pas la prestation sympathique mais finalement anodine de Shellac quelques jours après cette ravissante soirée qui allait me faire changer d’avis. http://www.thewhitemice.com/ http://www.instantschavires.com/



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