V13 Overlook Hotel Autoproduit 2009

V13, ou comment chanter la noise en Français tout en restant performant. Sur ce disque en effet, les cannois, à l’instar de L’Enfance Rouge dont Chiara Locardi intervient d’ailleurs ici sur un titre, font le choix de la langue de Molière, par souci d’honnêteté comme le dit Laurent Carrier, chanteur, qui avoue une maîtrise insuffisante de l’Anglais pour se montrer réellement performant, et aussi parce que le recours à notre langue-mère permet à celui-ci une accessibilité accrue et la recherche d’une certaine prestance littéraire Fort de cet atout, V13 parvient ensuite à imposer des climats qui, par moments (« Tu as choisi d’entrer », « Alexandra » et ses plages presque jazzy auxquelles succèdent des élans noise débridés), rappellent le meilleur de Virago, trio grenoblois ayant visiblement influencé V13, sans que ce dernier perde en identité, loin s’en faut. Au contraire, le quatuor « sudiste » offre ici une palette d’ambiances large et cohérente, passant sans le moindre complexe, et de façon parfaitement juste, de climats faussement tranquilles à des déchaînements vocaux et instrumentaux marquants (« Black Sheep », l’intense « Renegat » en ouverture), tout en réalisant l’amalgame parfait des deux tendances. Le meilleur exemple de cette habileté à brasser les atmosphères étant ce « Gouache » bien équilibré entre moments exaltés et breaks plus modéré Le groupe se permet même un moment époustouflant de classe, posé à souhait (« Mais ils ne renforcent pas le camp ennemi qui comptait déjà des millions d’imbéciles, et où l’on est objectivement condamné à être un imbécile »), menaçant mais qui reste jusqu’à son terme dans une retenue remarquable. Un titre révélateur de l’éclectisme et du savoir-faire affichés ici, que confirme « Pygmalion » et sa trame dépaysante qui recourt à des instruments moins traditionnellement rock Ailleurs, V13, sur « Chute libre » ou « Overlook Hotel », joue un rock écorché semblable à celui de l’Enfance Rouge, lettré et distingué, étonnant de maîtrise, auquel tout auditeur doué d’un minimum d’émotions ne peut rester insensible tant cette association, cette opposition des ressentis suscite le plus grand intérêt en même temps qu’elle pousse celui-ci dans ses derniers retranchement Enfin, c’est sur une note apaisée que l’opus prend fin, sur ce « Moloko Velocet » fin et subtil. Finesse et subtilité, à l’image de ce que la formation parvient à insuffler dans sa noise émotionnelle, brute et directe tout en demeurant sensible et pensé Sacré tour de force donc, pour un résultat à la hauteur des pointures du genre, que V13 semble même surpasser en créant un style qui, au final, lui appartient entièrement Découverte impérative, cela va sans dire. http://www.myspace.com/v13theband

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