chroniques été 2011

tim hecker

L'esprit consensuel et mollasse du type qui ne doit pas déranger est maintenant bien assis. Des convenances bien pesées, des « j'aime bien » bien ronds et engrossés, des oui et des wizzzz bien entretenus, ca te fait durer des relations couillonnées (l'orthographe dépend du moment). Je hais le bon goût et j'ai bon goût. C'est mon dilemme. Et c'est ma manière d'aller voir ailleurs. C'est une religion. C'est dans les veines. Dire non peut protéger et devenir répartie. Ce qui est con. Et même gros con. Alors pour retrouver une bonne forme et entendre le tamtam s'emballer, il faut faire le ménage... Alors ménageons :

Le tordu de service c'est TIM HECKER qui pond ici dans cette œuvre ravedeath 1972 (Kranky 2011) non moins torturée un superbe disque d’ambiances pressantes à l'univers enchanté par je ne sais quelles araignées velues et menaçantes. Cette musique n'est pas nouvelle certes mais la toile tissée est fraîche de cette nuit et est plutôt de bonne facture. Elle pourrait même capturer les plus (gros) rockeurs d'entre vous... Le vinyle est beau, la pochette est cette fameuse photo des étudiants du MIT (« aime ail ty») qui cherchaient à connaître le bruit d'un piano qui tomberait du haut d'un immeuble. Des tonnes de couches, sous-couches et surcouches s'amoncellent, s'entrecroisent dans des relents d'argents, de distorsions avec la noirceur du regard d'un père somalien devant sa fille atteint de malnutrition.

Puisque nous parlons champ de blé, dans les mêmes contrées, je vous propose de jeter une oreille hardie sur le nouveau disque de ERIK ENOCKSSON (Apan Release The Bats / RTB Records 2011). Une odeur new waveuse ambientée par les années 80 croasse tel le corbeau dans son par dessus de mauvais augure. La réverbe humide et atmosphérique est belle et le disque est une pure réussite.

 

Proche d'un PAN AMERICAN, voire d'un LABRADFORD qu'aurait bu trop de pulco citron, les bonnes gens seront comblées et les amis aussi (« wizz »). Avis aux amateurs.

N'oublions pas de citer les stars de la musique indé. Ils risqueraient de perdre leur ego en route. Christian EMMERICH alias BLIXA BARGELD est de ceux là. Bien connu pour avoir fait ses premières armes en déclamant ses textes métalliques dans des improvisations tonitruantes dans son fameux EINSTURZENDE NEUBAUTEN, le voici aujourd'hui intéressé par l'électronica désespérée et atmosphérique de l'allemand ALVA NOTO. Celui ci a été découvert il y a maintenant quelques années sur le label de MIKA VAINIO (Raster Noton) où il a sorti ses principales productions puis élargi sa gamme dans des collaborations avec des amis de grandes classes (comme ANDY MOOR quand il ne troque pas son « MOOR » en « EX »). Ce «Mimikry» est LE disque de l'hiver précédent chez les amateurs du griot allemand. et il vaut largement son détour malgré cette pochette laidement arty prétentieuse et poseuse. A écouter aussi, le maxi sorti en meme temps que l'album et qui partage un des titres du LP.

N'oublions pas le maître des maîtres des musiques électroniques actuelles, j'ai nommé MIKA VAINIO qui sort tout juste chez l'autrichien MEGO son premier disque avec de véritables instruments «life (...it eats you up) (editions MEGO 2011». 20 boules dans ton nez port compris pour deux faces de vinyles d'électronique d'obédience noise planante stressante et surtout expérimentale. Une reprise des STOOGES, des sonorités de guitares en bonne forme mais qui manque comme qui dirait de beat, car c'est le byte qui mène le monde électronique. Je suis un peu déçu pour une fois. mika_vainio_life_edition_megoJ'ai préféré le split JIM O'ROURKE / OREN AMBARCHI "indeed" chez le même éditeur, peu être plus classique certes mais avec des atmosphères mieux entretenues avec un côté moins prétentieux (n'est pas chercheur à l'INSERM qui veut...). A réécouter cet hiver.o-rourke ambarchi editions mego



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