ALUK TODOLO Finsternis Utech Records 2009

ALUK TODOLO Finsternis Utech Records 2009

s'il était un groupe dont il me tardait – dont j'avais besoin – d-écouter du neuf, c-était bien (sans blague, on ne la voyait pas venir celle-là) Aluk Todolo. Et si j'en juge par les excellentes chroniques que le groupe a reçues dans la presse de qualité (Wire en tête), je crois ne pas être le seul avoir été le seul dans ce cas... Je l'ai déjà écrit, leur premier album est un des meilleurs disques de néo krautrock (et hop, un genre de plus) que j'ai pu entendre... alors en plaçant la barre si haut, je prenais le risque d-être méchamment déçu... Bon, le « je tourne autour du pot en faisant croire que j'ai été déçu pour finalement dire que je ne l'ai pas été », c-est une ficelle usée jusqu'à la corde, n-est-ce pas... Donc oui: passons le sobre et très enthousiasmant artwork signé Stephen Kasner et les titres en français (austères, minimalistes...). Trois premières écoutes: déception - « descension » si loin de mes attentes... et l'audace??? /// Quatrième écoute. j'oublie qu'il s'agit d-Aluk Todolo (je me force à oublier), enfin. Je perds mes habitudes – celles que j'avais prises avec « Descension ». Ne plus chercher des lignes de basse batterie au groove étrange et accrocheur, énergique, ni ce son lo-fi (de la batterie en particulier), ni ce côté sombre – salement sombre -, ni donc les contrastes entre tout ça... On a affaire à autre chose. Difficile de parler d-un morceau en particulier tant cet album est un morceau étiré... Le second, par exemple, consiste dans le développement du premier (avec un magnifique break de transition! d-autant plus appréciable que c-est un des rares « évènements » à la batterie), avec une ligne de basse glauque à souhait, aux résonnantes dissonances. Le morceau central (au bel et énigmatique titre « Totalité ») joue sur une pulsation presque cardiaque qui en fait l'accalmie centrale (tom basse, disparition momentanée des cymbales et des guitares... tout se passe dans le grave... un instant, on se croirait presque dans le « Consumed » de Plastikman... puis revient la guitare, grinçante au possible, excellente), sorte de bonace avant la tempête, avant l'explosion du quatrième morceau, aux guitares saturées cette fois'ci réellement blackisantes... ou noise épique, comme on voudra. Ce morceau marque le retour d-un Aluk Todolo plus sale, plus harsh dans ses saturations... Côté harsh qui disparaît décrescendo sur le cinquième et dernier morceau - « quatrième contact ». De façon à clore la symétrie inscrite dans les titres eux-mêmes. l'audace? Mais elle est bien là, patente! Dans ce minimalisme rythmique, dans cet ascétisme rythmique! Un disque qui trouverait son pendant dans les chefs d-œuvre de l'architecture brutaliste et derrière lequel on imaginerait volontiers des fustiges de la vague Mille Plateaux reconvertis au rock. Un rock qui nie le rock - qui met la matière en avant, le grain de la matière. Est oublié ce qui est joué, et comment. Ne finit par compter que la répétition (de façon encore plus excessive que chez un Steve Reich). Un peu comme un Sunn o))) l'a fait en transformant son metal en drone. La guitare garde son côté bruitiste, ponctuant la batterie de façon imprévisible et explosive, particulièrement au début de l'album. La batterie ne fait AUCUNE concession, même pas à son batteur. Elle articule tout le parcours, tout en se niant dans une répétition sans fin – dans un degré zéro du rythme. Sombre, cet album l'est. Mais sans être caricatural. A disparu cette atmosphère de rehearsal qui donnait une aura si particulière au groupe – qui le situait – ce qui est évidemment un gros regret pour moi... Mais Finsternis est plus cérébral que sensuel et charnel, moins « accrocheur », uniquement au sens commercial du thème. A écouter d-urgence, mais avec patience.



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