ALICE DONUT NO MEANS NO / THE EX / ERROR PAGE 404 26 juin 2004 HAMBOURG / FABRIK

1200 bornes pour aller voir ALICE DONUT rejouer à l-autre bout de l-Europe, dans la vie, il y a des priorités à respecte C-est donc en plein euro 2004 que nous arrivons à la FABRIK, une salle mythique de Hambourg, construite sur deux étages dans une ancienne usine, située à deux pas du quartier de St Pauli, connu pour ses punks, ses putes et son club de foot antifasciste. Le public ce soir, a une moyenne d-âge élevée, on se serait cru dix ans auparavant, à la grande époque, sauf que là, tout le monde, public comme musiciens, s-est pris ses dix ans dans le bide.Peu de monde à l-ouverture des portes, match oblige. THE EX au complet sont réunis devant un écran de télévision, absorbés par le quart de finale Pays-bas - Suède. Devant une quarantaine de personne, le groupe anglais ERROR PAGE 404, un trio de punk rock mélodique, avec le batteur de SNUFF, ouvre le bal. Pas terrible. Ils font des blagues entre eux, avec un cockney accent difficile à comprendre, portant majoritairement sur le football. La veille, la France a été éliminé par la Grèce, ça jubile chez les anglais. ALICE DONUT, à notre grande déception, joue en deuxième. Limités par le temps, il ne pourront pas jouer plus de quarante minutes. Mais on est vernis. Ils viennent de récupérer leur deuxième guitariste, Dave Giffen, alors qu-on pensait qu-ils ne joueraient qu-à quatre. Le chanteur, aux tempes grisonnantes, a revêtit sa tunique peinturlurée, et immédiatement son regard se transforme, aliéné et décadent, comme au bon vieux temps. Ça commence, après un speech bizarre dont il a le secret, par New Jersey Exit, un très vieux morceau punk du groupe. Oula... Ça fait plaisir de les revoir, mais, ils ont du mal... Le batteur, le seul qui n-ait pas vieilli (il était déjà intemporel avant), enchaîne plante sur plante. C-est rigolo, ils prennent ça avec le sourire! Puis progressivement, ils se mettent dedans, pour redevenir aussi puissants et psychédéliques qu-auparavant. On a le droit à toutes les époques, exceptés celle de Revenge Fantaisies Of The Impotent. Dans le désordre: Egg, Everyone on sale, Mrs Hayes, Millenium, The son of a X postal worker, She tells me things, Helsinki... et au milieu du set, grosse surprise, Waiting Room de FUGAZI, reprise avec le batteur au trombone, le chanteur à la batterie, et le public au chant !Forks in the rain en final, on pleurerait presque. Heureusement, sous les hurlements du public, ils ont droit à un petit rappel. Freaks in love et puis s-en va. A bientôt les gars. Pendant ce temps, le match n-est toujours pas fini, prolongations oblige. THE EX doit enchaîner et quittent donc leur retransmission footbalistique. Jusqu-à la moitié du concert (en gros jusqu-à la fin du match par tirs au but), le tiers de la salle est rivé devant les écrans de télévision, suspendu à l-intenable dénouement du match plus qu-aux accords distendus du groupe hollandais. C-est vraiment incroyable. On a beau être une légende du punk ou un accroc des concerts, vingt deux petits bonhommes en shorts sponsorisés par Nike et Mc Donald-s nous font ressortir tous nos paradoxes. J-adore. Les rythmes tribaux et les guitares dégingandées de THE EX, font une bande son unique pour ce match de foot. Ça finit par la victoire des oranges sans que le groupe batave ne le sache. quelques punks à têtes de mort de St Pauli sont énervés par la victoire de l-ennemi hollandais et jettent de la bière sur le groupe, d-autres sont très heureux. Tout le monde peut enfin être concentré et massé dans la fosse. Il doit y avoir 400-450 personnes dont très peu de kids (ce serait presque nous les plus jeunes...). C-est pas énorme vu l-affiche Et puis pour finir cette soirée, les papys canadiens de NO MEANS NO, fidèles à eux mêmes, avec leurs dégaines de vieux voisins. Le bassiste annonce qu-il est malade. Il ne joueront donc au final qu-une 1h45 au lieu de 2h!!! Là aussi, toutes les périodes du groupe s-enchaînent sans le moindre faux pas, plus dynamique qu-un groupe d-adolescent. Sur le break de Two Lips, Two Lungs and One Tounge, le bassiste s-assied de longues minutes durant, pour finir le morceau... assis. On croit alors que c-est fini, qu-il n-en peuvent plus, que le sanatorium est proche. Et bien, non, on n-en n-est qu-à la moitié du set. Il y aura trois rappels, pour finir par Beat on the brat des Ramones. Epoustouflant... même moi j-était plus crevé qu-eux à la fin du concert. Dire qu-avec les groupes à l-affiche de ce soir, on avait à peu près 85 années de punk rock mis bout à bout sur scène.. écouterait-on de la musique de vieux ? ? ?

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