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Suzan PEETERS musée d'art Nantes 5 avril 2026

Soumis par Lio le
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Dans le cadre élégant et presque suspendu du musée d’Art de Nantes, la prestation de Suzan Peeters s’est imposée comme une parenthèse rare, hors du temps. Dès les premières notes, l’accordéon s’est affranchi de ses contours familiers pour devenir matière sonore pure, souffle, vibration, presque présence vivante dans l’espace.

La musicienne déploie un langage profondément expérimental, où les textures prennent le pas sur les mélodies attendues. Grincements subtils, nappes étirées, pulsations organiques : chaque geste semble chercher, explorer, ouvrir des brèches. Et pourtant, rien n’est froid ni abstrait. Au contraire, une forme de poésie fragile traverse l’ensemble, comme si chaque son était déposé avec une attention infinie.

Le lieu joue un rôle essentiel dans cette expérience. Les volumes du musée, la résonance des murs, la lumière diffuse participent pleinement à l’écoute. C'est l'après midi, Parfois, Suzan pose son pied sur une sorte de vibrateur posé à même le sol, provoquant des vibrations mécaniques qui rendent un effet oscillatoire étonnant. J'y entends parfois le Tim HECKER de "ravedeath 1972" chez Kranky.  Décidément, cette proposition artistique est vraiment singulière.

Il y a chez Suzan Peeters quelque chose de presque magique, de transformer l’accordéon en instrument d’évocation et d'expérimentation. 

La boite du diable devient fée, une fée capable de faire surgir des mondes inconnus à partir d’un simple souffle.

C’était vraiment très, très beau — et profondément marquant.

https://suzanpeeters.com/

 

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