Troisième album pour Victory at Sea et troisième batteur. Ne vous inquiétez pas, l’essentiel du groupe est préservé. En effet Mona Elliot est à son poste de chanteuse guitariste pour dix chansons pop rock qui s’éloignent de plus en plus de « l’indie rock lo-fi » des débuts, pour des choses plus orchestrés. Mona semble en pleine possession de ses moyens vocaux et use (abuse ?) de cette soudaine facilité « lyrique ». Du coup le ton un peu intime de leurs précédents efforts passe à la trappe. La timidité touchante et contagieuse du trio s’est transformée en une sorte de machine à pop songs directes et presque banales. Victory at Sea s’inscrit toujours un peu plus dans un certain héritage folk rock américain. Sans y perdre totalement son identité ni son âme, le groupe ouvre ses compositions à des arrangements à même d’insuffler une nouvelle énergie au combo. Ce n’est que partiellement réussi à mon avis. La mélancolie, véritable source d’inspiration du groupe, ne transparaît pas aussi bien que par le passé. Victory at Sea a envie de nouveaux horizons. Pas si loin de Shannon Wright ou de PJ Harvey (stories from the city, stories from the sea) par moment, Mona Elliot donne un autre ton à son groupe. Quitte à se fourvoyer. Victory at Sea prend le large. http://www.kimcheerecords.com