AGASKODO TELIVEREK Psycho goulash Midfinger Records 2009

Basé à Londres, ce groupe fou-furieux pratique une musique hybride, captivante et parfois difficile d’accès pour qui ne se serait pas encore familiarisé avec les plans instrus pychés/noise dotés de claviers délirants, ou les plages chantés avec excentricité, sur fond d’instrumentation oscillant entre mélodies tordues et bruitisme débridé, en vogue actuellement. Il se réclame de Deerhoff, Gogol Bordello ou encore Captain Beefheart mais il faut bien le dire, le rendu n’est qu’à un seule donnée : son ingéniosité, son grain de folie (créative) aussi On peut ici passer d’un instru à la fin quasi jazzy (« Kopakabanappa ») à une plage aux riffs secs, compacte, zébrée de descentes de claviers géniales et encanaillées par une voix démente (l’imparable « Gay hussar », l’un de mes préférés). On trouve aussi des morceaux trans-noise façon MARVIN (« Garbage pale crocodile »), la différence étant qu’ici, il y du chant et que celui-ci captive par la folie qu’il dégage (tout comme les montpelliérains d’ailleurs). Voix criées ou plus mélodiques s’enchevêtrent et se répondent comme sur « Kamikaze curry bun », les rythmes se brisent et rebondissent et des grattes offensives, jouissives, viennent pimenter le tout (« Perrrgo ») De ce joyeux foutoir, il résulte un album épatant, qui mixe les styles avec une formidable maîtrise et emprunte une démarche originale, même en ces temps de brassage (je pense à des formations comme Gang Gang Dance ou, par chez nous, Clara Clara ou Electric Electric) Tous les titres sont marquants et accrocheurs à l’extrême, à commencer par ce « 30000 lightyears old » d’abord poppy puis qui part dans une envolée speed aussitôt tempérée par des breaks à la fois soniques et psychés, ou ce « Bayamashi ege » court et mordant, qui démontre l’habileté du groupe dans le registre instrumental. Claviers et guitares font bon ménage et engendrent des plans heavy comme sur « Bastard cabage », entre autres folies génialissimes audibles sur ce « Psycho goulash », et des voix féminines sucrées se heurtent à un mur du son guitaristique et de sonorités cosmiques sur « Saturicana » Bref, ce genre d’album ne nécessite ni épilogue, ni discours trop étoffé ; il s’écoute à fond et se vit pleinement Expérience magique et prenante, envoûtante aussi, et percutante à souhait. http://www.myspace.com/agaskodoteliverek http://www.adaadat.com



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