GRAVES AT SEA Asunder Split Life is abuse 2005

GRAVES AT SEA_Asunder_Split

Avec son premier opus « Documents of grief » (récemment réédité), très rapidement sold out, Graves at sea (à ne pas confondre avec Buried at sea… autre groupe sludgisant) était plutôt attendu. Asunder n’est pas non plus inconnu (le batteur est un ancien Dystopia – fameux groupe de crust). Bref, ce split ne pouvait bénéficier que de préjugés assez favorables. La première chose hallucinante avec Graves at sea, c’est la qualité de leur son : massif, mais très clair. En fait, c’est la basse qui apporte l’incision, l’attaque, et pas la guitare (qui est légèrement plus mate). Et ça amplifie drôlement la lourdeur… Parce que Graves at sea, c’est plutôt du très lourd. Bien sûr, il y a des moments où ça s’allège, comme sur le second titre, avec un passage (qui me rappelle fortement Neurosis) sur lequel la guitare passe en retrait au profit de samples et d’un jeu de toms plus tribal (notons au passage l’excellence du dit batteur). Bon, la seconde chose qui frappe avec Graves at sea, c’est la voix, les voix… Oh… on n’est pas très en sécurité par ici… ambiance limite j’ai une sorcière au fond du jardin. Difficile de ne pas imaginer le chanteur en studio, les yeux révulsés, grimaçant et tordu de partout… Une voix torturée et torturante. Mais le plus étrange avec cette voix, c’est que toute criée soit-elle, elle n’en est pas moins très mélodique et très accrocheuse… envoûtante… On s’en rend très vite compte sur Pariah, où elle souligne, en jouant du grave à l’aigu, une structure tournante réellement hypnotique. Oui, c’est un peu le paradoxe de Graves at sea que de faire une musique très sombre, underground et très accrocheuse en même temps. Ce qui l’éloigne beaucoup d’un groupe comme Khanate, qui joue plus sur les accords dissonants, sur le timbre, sur les expérimentations, sur les pertes de repères. Et qui en fait un groupe bien meilleur que les trop médiatisés Unearthly Trance. Il y a fort à parier que Graves at sea (s’ils maintiennent le cap) deviendront une référence – incontournable – du genre. Alors que Graves at sea se fendent de deux morceaux d’une dizaine de minutes chacun, Asunder ne propose pour sa part qu’un seul titre, mais d’une vingtaine de minutes ! Leur son est plus médium que celui de Graves at sea (ça ne se remarque que lorsqu’on passe d’un groupe à l’autre – rien de dérangeant !). Ce groupe me rappelle l’époque – déjà lointaine – où le doom rimait avec des labels comme Peaceville records. Oui, du doom plutôt old school (‘90 quoi). On pense un peu au premier Cathedral (In Memoriam) ou au premier Paradise Lost. A cause des guitares lead, à cause d’un certain type d’harmonisations de guitares, à cause d’harmoniques sifflantes de-ci de-là sur les rythmiques. A cause des voix, graves et enrobées de pas mal de reverbs. Ce côté old school et un peu trop métal (l’ambiance me rappelle Edge of Sanity période Crimson, pour ceux qui connaissent) n’empêche pas Asunder de produire un morceau par moments très accrocheur et plutôt intéressant (très riche, baroque, pourrait-on dire). Tout dépend de ce qu’on cherche. Ce n’est pas trop ma tasse de thé, voilà tout. http://lifeisabuse.com

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