THE TELESCOPES Auditory Illusions Double Agent Records

Drone = bourdonnement. Voilà la définition minimale de cette arlésienne des étiquettes. Pour le dire autrement, le drone ça va de Sunno))) aux Telescopes (entre autres)… Et il est assez difficile de dépasser cette définition minimale si l’on veut préserver cette famille Chez, Sunno))), le bourdonnement est primordial. Un bourdonnement de guitares et de basse qu’aucun rythme (au sens courant, disons donc aucun « beat ») n’entrave, et le tempo est excessivement lent. Et puis c’est plutôt glauque. Chez les Telescopes, et plus précisément dans Auditory Illusions, il y a de nombreux marqueurs de rythme. Le drone est celui d’instruments qui rappellent la vielle – instrument à bourdon au sens le plus classique du terme. Aucune mascarade ici, et l’ambiance n’a rien de glauque. Tout ça pour dire que les étiquettes sont pratiques quand on veut faire vite, et qu’on peut faire vite. Pratique pour qualifier un manque d’originalité tout en restant poli, voire flatteur Le format d’Auditory Illusion (un mini) l’inscrit dans la continuité du récent ##4. Le style aussi. Toujours aussi unique. Peut-être ce mini est-il à peine moins bon que l’excellent dernier album. Un peu moins soigné, un peu moins arrangé. C’est qu’en fait Auditory Illusion est une sorte de « live ». Enregistré sans tricheries, sur un « portable Akai » et un « Sony minidisc » simultanément (ça ne nous aide pas beaucoup de le savoir), les arrangements consistant en un overdub joué lui-même live par le trio. Le premier titre joue la carte du drone, avec tous ces sons qui sont la patte du groupe, pour une ambiance celtique, druidique. Le deuxième titre, le plus classique du mini, constitue un intermède folk indie (guitares acoustiques), mais qui sait jouer avec le silence. Enfin, le troisième titre marque un retour à une musique plus expérimentale, dans la lignée du premier titre, mais avec une touche à la John Cage dans le final Les Telescopes ont toujours eu un goût marqué pour les instrumentations riches et éclectiques (violons et cuivres dès les premiers maxis sortis à la fin des années 80 sur Cherree Records). Avec les années, ils ont pu affirmer ce goût. La liste des instruments qu’ils ont utilisés ici vaut la lecture, pour les instruments eux-mêmes, mais pas seulement ; pour la façon dont ils sont nommé Car The Telescopes, ce n’est pas que de la musique. En parler juste sous sa forme musicale, ce serait passer à côté de ce qui fait qu’ils sont uniques, de ce qui fait qu’ils savent où ils vont quand ils jouent leur musique. Auditory Illusion, c’est aussi de la poésie. Un titre comme « A Lantern burns for navigators lost » est une belle image pour rêver leur musique. Oui, la musique des Telescopes se rêve plus qu’elle s’écoute.A noter : ce mini contient aussi une excellente vidéo (très psychédélique) de « Flying » réalisée par Dan Hopkins. http://www.doubleagentrecords.com/telescopes/ http://www.doubleagentrecords.com



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