GETATCHEW MEKURIA The Ex 15 septembre 2009 / gratuit ou 8 dollars La Casa del popolo / Montréal

J’ai du mal à y croire.... Je me retrouve encore à écrire des chros pour stnt. Je pensais que j’étais sorti de cela... J’ai quelques chroniques à gratter et il en tombe de partout Bref, je suis très heureux de la venue de the ex à Montréal. J’aime le fait qu’ils soient passés d’un groupe militant anar de plus en plus complexe, intellectuel, à une démarche free punk qui saborde tout, en intégrant comme vous le savez de nombreux musiciens africains (et autres). Cette ouverture au free jazz, etc., démolit les approches fermées et presque uniquement blanches des scènes punk nordam. La « révolution » continue avec des variables très différentes. The ex est donc encore là et sûrement plus révolutionnaire que jamais. Leur tournée de 5+1 dates au Canada se finit à Montréal pour 2 shows officiels. Elle a commencé à Guelph pour leur festival de jazz…Tiens donc Je suis devenu prudent.... J’achète mes billets avant maintenant….Je réserve...donc je me suis pointé à la casa pour prendre mes billets. La serveuse a été super cool, contente d-avoir vu le show de la vieille....blabla et si tu veux ce soir y a une impro de the ex avec on sait pas qui...c’est vers 9 heure...oui, cool, je suis redescendu St. Laurent assez content. J-en ai profité pour faire une halte à la librairie anarchiste, regarder les bouquins, les zines, etc. Super, j-ai trouvé un livre et je suis passe à la caisse. On passe à la caisse même chez les anars....puis, j’en profite pour demander à la caissière pourquoi il n y a pas d- affiches ou de flyers pour annoncer les shows de the ex...quand même! bah c’est un groupe de musique... C-est pas politique!!! On est une librairie...on fait pas de promos pour les groupes de musique... Nana, badge queer core, tatouée, en train de lire MRR et nous pétait les couilles avec un enième groupe crusty féminin : the ex n’est pas un groupe politique. Avec un tshirt yeah yeah yeah...Je crois que l-on va pouvoir transposer une citation: il va bientôt falloir 10 anars pour faire un cerveau. Du coup, partons au front de la noise la plus libérée et buvons une pinte à la santé des anars Direction la casa del popolo, version petite salle de concert, la scène est au fond en hauteur. Il y a un peu de monde, environ 100 à 200 personnes. Il faut dire que le concert est tout sauf annoncé. C’est un cadeau entre les deux shows de lundi et de mercredi. Ce soir, mardi soir, c’est cadeau gratuit pour ceux qui ont leur billet du mercredi…c’est aussi un cadeau pour ceux qui sont fauchés (cassés) et qui peuvent pas se payer le 20 pièces d’entrée…ce soir c’est 8 dollars pour un concert en toute intimité annoncé par le téléphone montréalai C’est bien sûr dans ces moments que la casa est vraiment ce lieu exceptionnel et unique à Montréal. Ce qui reste des undergrounds montréalais Alors, the ex se pointe en douceur avec Getatchew Mekuria, personnager tout en rondeur, saxophoniste éthiopien et un big band de clarinette, trombone, trompette… Les deux sets vont donc osciller entre big band afro-jazz-blues, formule classique The Ex et impro de tous les participants au fur et à mesure. La fusion fonctionne parfaitement pour finir par une intégration directe de l’afrobeat dans the ex. Le show finit par la transformation totale de the ex en big band africain. Si l’Europe a largement été exposée à toutes ces influences, si les ÉU ont largement été inondés par les musiques Noires (avec de très grosses nuances que mon frangin poserait et pose via ses rencontres et son label house-disco à Chicago et ses réalisations…), que dire du Canada et surtout du Québec… Dans ce sens, l’exposure directe, sans colonialisme et supériorité, que provoque The Ex et Getatchew Mekuria est un choc « culturel » pour tout le monde, y compris pour Arcade Fire ou pour les Éthiopiens (d’ailleurs, j’aimerais bien voir le même show en Éthiopie). C’est cela : The Ex et Getatchew Mekuria amènent un choc culturel pour un public qui ne voit pas dans quel monde il vit, surtout à Montréal : le Plateau versus le reste de Montréal… C’est pour cela que ce soir-là, la Casa a vécu tout une révolution, tout un chambardement des codifications « artistiques » propres à Montréal. Du the ex classique, entre punk, noise et bruitisme expérimental, il reste une tentative musicale bordélique et éclatée qui finit –vraiment- dans les chiottes de la Casa. Du the Ex, reprenant un chant traditionnel hongrois, il reste un morceau épuré, sensible, juste et totalement raffiné…Puis, The Ex éclate le « collectif » par des solis et des défis d’impro : Trombone contre guitare, saxophone et déhanchement souple de Getatchew Mekuria et passage « folk » assez sleazy (freak of the beach…), etc... La démarche est loin du « Bourgeois Blues », des musiques « actuelles » et engagements anars et pourtant The Ex et Getatchew Mekuria n’ont jamais été aussi proches d’un bouleversement en douceur et en joie de la musique et de leurs publics. Un sacré cadeau et une sacrée leçon Le show se finit sur un merci et à demain de l’autre côté ! À vrai dire, on est déjà tous de l’autre côté. http://www.theex.nl http://www.casadelpopolo.com



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