COBRA NOIR Saigon / Distress Signal / Expectorated Sequence conclusion, 21/09/2007, 6 dollars Le Divan Orange / Saint-Laurent / canada

Cela faisait un bout que je n’avais pas senti le souffle de la bête. Pourtant, le cobra noir s’était bien étiré des Etats à Montréal. Il a eu pas mal de concerts avec des groupes eux aussi assez impressionnants (Rammer, la Fraction, Fucked Up, Career Suicide, Saigon Distress Signal, etc…). Ce Cobra Noir commençait à devenir un petit dragon. Cela faisait bien plaisr. Même si le piège de la vie aidant, j’avais plus le temps de courir aux Katakombes (juste 150 places et pis c’est sold out…) ou derrière le centre Bell. Je pensais pas que le Cobra noir allait nous quitter comme cela. Après deux albums sans faute et des shows toujours bien maitrisés. Avec cet esprit. Alors c’est tombé ! Comme cela à la fin du mois d’aout, le jour de ma sainte fête en plus, comme pour te rappeler que la rentrée s’en venait à grands pas. Une croix noir, sur un fond blanc et un unique titre : conclusion que l’on comprend autant en franchouille qu’en rosbif. Voilà un concert que je marquerais pas. Le dernier. Le last call avant de finir en toute sobriété, en toute discrétion et en toute pudeur. Sans pleurs, sans couronnes, sans fleurs et comme on dirait ici : sans tambours, ni trompettes. Là encore, le Cobra Noir s’en va sur tout ce qui faisait sa gloire souterraine et toute sa sobriété. Faut connaître le milieu. Cobra Noir s’en va, arrête, et j’en suis pas triste. Pas du tout. Au contraire, je trouve cela très honnête de finir quelque chose. De tourner la page. De passer à autre chose. Il y a pas mal d’artistes et de groupes de « rock » au Québec qui existent encore depuis plus de vingt ans juste parce que la subvention est –pratiquement- renouvelée automatiquement. Pas pour le côté artistique mais juste administrativement parce que la subvention est tombée donc faut reformer le groupe, revoir ses amis-ennemis, recomposer des trucs qui veulent plus rien dire, refaire un album, refaire des shows, etc... Alors, arrêter un groupe, ou d’être un « artiste », c’est comme fermer une entreprise, s’amputer d’une rentrée d’argent, etc… y être encore…après quinze, vingt ans… et juste fonctionner pour sa clique en dehors du vrai monde qui finalement a raison de s’en foutre.... Alors le Cobra Noir arrête, c’est bravo. Tant mieux : enfin un truc éphémère qui tire sa révérence après deux très bons albums et des shows d’enfer. C’est tout. Ce fut beaucoup à Montréal Bon vendredi soir, direction Divan Orange sur St Laurent au nord de Rachel. Je repasse de temps en temps dans ce coin avec mon super scoot ! Mon premier coin à Montréal y a plus de 10 ans. Cela a changé. Encore depuis la dernière fois ? Oui, cela continue à se mettre à niveau avec le monde entier. Tant pis et tant mieux. Le dernier show que j’ai au Divan Orange, c’était pour les furieux de Discord of a Forgotten Sketch (pour le lancement de leur très bon dernier cd et surtout un show fou de chez fou qui leur a valu une engueulade du patron.). Me revoilà dans ce bar tout en longueur. Cela me poursuivra toute ma vie ces espèces de bars de hippys qui se la jouent cool. Je supporte pas. Comme disait l’autre loup, c’est mon côté punk. Oui sûrement. Je supporte pas les babas. Me voilà donc accoudé au bar à boire de la bière blanche, le truc que tu bois comme du petit lait…pinte après pinte. Accoudé à voir la tronche des serveurs se demander, c’est quoi ces groupes, c’est quoi cette musique d’abrutis, à s’envoyer blagues après blagues, et à bien se foutre de notre gueule. Eh merde il va falloir se taper « cette » musique pendant le shift. D’un continent à un autre, cela change pas. Mais, on s’en fout et j’étonne à en rire encore et encore. Bref, la parano monte d’un cran. Le public rentre au fur et à mesure. Les balances balancent et le son se précisent : C’est du hardcore, du grind et du metal.Cela pousse un peu. Il commence à y avoir du monde. Mais le show démarre tard. Bon set très court pour les SDS, tendance dropdead (un lp dispo et je retournerais les voir avec plaisir). Les Expectorated Sequence (qui préparent leur 3e album). déboule à leur tour, quels titres, et comble de joie deux inédits je crois. Là encore un show court, nerveux et efficace et une petite dédicace au Cobra Noir. Voilà, cela se tasse pas mal. Les parents, les grands mères, les toutous et largement plus de 200 personnes. Allez ! C-O-B-R-A Noir, cela crie dans la salle, cela pousse… Et vlan, c’est parti. Le règne du Cobra Noir arrive. Pour un même pas trois quart d’heure de show. Puissant sans commentaire. Juste la musique –premier et deuxième cd-, pure, efficace, et ce chant certes à la John Brannon (mais de la tendance blue et spirituelle Laughing Hyenas et pas trop le schéma skinhead de NA.) mais là plus affirmé, plus appuyé et presque plus « lyrique ». Un Cobra Noir en pleine forme. Qui s’enterre. Qui disparaît après un show assez époustouflant et très puissant. Sans rappel. Direct, sec et sobre. Point. Logique jusqu’au bout. Logique jusqu’à la mort. Que son règne vienne enfin. Sans remords et sans regrets. Adveniat Regnum mTuum comme le disaient les banderoles (aux modèles numérotés…) que l’on agitait lors des processions religieuses dans la ville de Québec. Fut un temps. Aujourd’hui, il reste deux cds que je vous conseille d’écouter, un ep, des participations à des compilations et un ep posthume –cette fois-ci- à sortir ? Le long règne sonore du Cobra Noir ne fait que se poursuivre tant les nouveaux serpents reprendront éternellement les drapeaux noirs d’une nouvelle Introduction. D’un nouveau livre. http://www.cobranoir.org



The website encountered an unexpected error. Please try again later.